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Piriac-sur-mer : croissance timide ou raisonnée ?

Retour sur le développement économique de Piriac-sur-mer. Presque 20 ans après un article édifiant de Lionel Aubry dans Presse Océan, qu’en est-il du développement de la commune ?
En 1991, Presse Océan titrait « Piriac : la croissance timide ». Derrière cet article, l’idée était de démontrer que la ville souffrait d’un vieillissement de son parc hôtelier et qu’il allait devenir difficile pour cette commune du littoral de se positionner dans une économie européenne si elle n’opérait pas quelques changements. Qu’en est-il 20 ans plus tard ?

En 2011, Piriac-sur-mer a augmenté de 55 % sa population par rapport à 1991. On compte aujourd’hui 2 253 habitants. Si elle continue de « couler des jours tranquilles », la commune évolue et s’adapte dans la mesure du possible au monde dans lequel elle vit. Son centre bourg préservé, fleuri, bien équipé, accueillant et convivial reste toujours la « promenade dominicale des Nantais » et même aujourd'hui « de toute la France voire plus ! » comme le souligne Jean Louis Delhumeau. Au-delà de cette image, c’est aussi la forte présence de résidences secondaires sur la commune qui est en question. Si en 1991 on chiffrait le nombre de résidences secondaires à 1267, on dénombre 3 800 résidences secondaires en 2011 : une augmentation de près de 200 % en vingt ans ! Un taux qui confirme que les résidences secondaires représentent une source de valeur ajoutée très importante même si elles s’accompagnent généralement d’effets indésirables : le manque de logements abordables pour la population locale et l’augmentation du prix des terrains. On comptabilise aujourd’hui 900 résidences principales à Piriac.
 

Une dynamique économique axée sur le long terme
Les défis posés par les résidences secondaires ont été évalués et les élus de Piriac en vingt ans ont cherché à réorienter leur politique sans impacter le développement économique, du moins sans faire disparaître les emplois. S'il y a vingt ans, on se plaignait d’une ville morte où les commerces fermaient tour à tour, aujourd’hui les 3/4 des commerces de la ville sont ouverts toute l’année. Pendant la saison estivale, la mise en place de plusieurs marchés n’est sûrement pas pour rien dans l’attractivité de la petite cité de caractère. Plus de 10 000 personnes transitent sur le marché du lundi en été. En 2010, un marché couvert a été mis à disposition des Piriacais toute l’année. Il permet au-delà de la saison touristique de faire se rencontrer les gens, tisser du lien social et d’accueillir une quinzaine d’expositions.
Soucieuse de l'emploi sur son territoire, la commune qui comptait une dizaine d’entreprises dans sa petite zone artisanale a bien étendu son périmètre et en compte aujourd’hui une soixantaine avec une forte activité tertiaire et nautique. Son école de voile en vingt ans est devenu la première école des Pays de Loire et la quatrième au rang des écoles françaises.
Confrontée à l’urgence d’agir, en raison de la forte évolution de la population, la commune de Piriac-sur-mer a procédé à une mutation structurelle durable de son économie. Elle a cherché à accroître la valeur ajoutée touristique générée tout en gardant le cachet piriacais. La commune est entrée dans un cercle vertueux qui lui permet aujourd’hui d’avoir plus de demandes d’installation et/ou d’acquisition que de ventes de bâtiments et/ou terrains. Pour aller de l’avant, elle a exploité les capacités existantes en rénovant totalement les bâtiments notamment l’Hôtel du Port et La Vigie. Des travaux qui se comptent en millions d’euros et qui ont pour but d’accueillir encore plus de gens à l’avenir.
Monsieur le Maire explique que « dans la continuité, les villages ont été traités de la même manière que la rue de Keroman, à travers notamment une réhabilitation esthétique et l’extension des rues de la place de l’église ».
Ces initiatives, qui ont permis à la commune d’obtenir de multiples labels de qualité (village fleuri, famille plus, petite cité de caractère), prouvent bien la vocation familiale de Piriac et le niveau de ses infrastructures. L’économie de la ville selon Jean Louis Delhumeau est créatrice d’emploi : la zone artisanale créée une dizaine d’emplois par an et la saison estivale de 2010 a généré 190 emplois saisonniers.
Outre l’importance économique des résidences secondaires et du tourisme, il convient de prendre en considération le développement environnemental, social et économique. La création de logements accessibles pour la population locale doit être une priorité menée par des mesures ciblées et/ou une politique territoriale active. Pour cela, la commune en vingt ans a doublé le nombre de chambres dans la maison de retraite, passant de 40 à 80 lits et 20 logements dédiés aux malades d’Alzeimer. En 1991, la maison de retraite générait 10 emplois, c’est huit fois plus en 2011. Piriac a également créé en juin 1993, treize ans avant la ville du Croisic, une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager.
 

Port en eau profonde à Port Ester : la discorde
On ne le répétera jamais assez, l'empreinte que laissent les habitants dans une vie communale est importante et trop souvent mise à l’écart. Les élus et agents d'une commune, avec toute leur meilleure volonté, n’ont jamais suffi à toucher l’âme d'une ville. Il y faut aussi et surtout des habitants soucieux de participer à la vie de la cité, avec leurs opinions. C’est ce à quoi s’est confrontée la commune quand elle a décidé du projet de port en eau profonde de Port Ester. Chaque implication individuelle a eu sa place et les avis n’ont pas été partagés par tous ce qui a eu pour conséquences que le projet n’a pas pu aboutir. Aujourd’hui, son port en eau profonde à Port Manes possède 900 places et l’activité de plaisance génère une trentaine d’emplois entre la voilerie, la mécanique et les chantiers.
Le flux des touristes qui augmente, ajouté au nombre croissant d’habitants, modifie considérablement le littoral. Force est de constater son impact sur les côtes piriacaises. Aujourd’hui, un des défis de la ville serait de se positionner sur l’environnement. Partout, les littoraux concentrent les activités humaines, or cette « littoralisation » a des effets négatifs : pollution des océans, de la terre et de l’atmosphère. Comment Cap Atlantique et Piriac-sur-mer feront-ils pour lutter contre ce fléau ?

Auteur : SD | 13/10/2011 | 0 commentaire
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