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Interdiction de la pêche au bar : les pélagiques se sentent discriminés

Après l'interdiction européenne de pêcher le bar jusqu'au 30 avril, et la parution de l'arrêté ministériel les pêcheurs pélagiques attendent la circulaire d'application avec inquiétude.

Isabelle Thomas de la commission pêche du Parlement européen, Christophe Clergeau vice président du conseil régional, Adeline L'Honen conseillère régionale, René Leroux conseiller général et Jean-Pierre Branchereau maire, rencontraient les pêcheurs à la Turballe vendredi matin. Après le coup de tonnerre les obligeant à cesser de pêcher le bar, les professionnels doivent s'organiser dans des conditions plus que difficiles.

Pas entendus

Les pêcheurs avaient pourtant proposé des solutions pour préserver la ressource  et ils en ont déjà mis en place. Ainsi ils ont modifié les mailles de leurs filets pour les porter à 100 mm, acceptant de prendre des poissons de 40 cm au lieu de 36 cm, (quand ils se sont reproduits deux fois). Ils ont aussi proposé de réduire leurs prélèvements, de ne pas pêcher pendant une semaine sans compensation. Mais ils n'ont pas été entendus.

Injustice

Pour eux « on a voulu isoler les pélagiques », mais c'est « globalement toute la filière que l'on fragilise ». Les pêcheurs vont se reporter sur le merlu, au risque d'effondrer le marché (1,7 €/kg ce vendredi).
On « essaie de nous séparer, on subit une discrimination par la technique, il ne faut pas s'y tromper, ce n'est pas fini », ensuite ce sont les autres pêcheurs qui vont subir les mêmes coups de Bruxelles. Certains grognent, « les ligneurs de Bretagne, ils pêchent en période et en zone de frai ».

Indemnisation

L'arrêté ministériel sorti au JO ce 13 février prévoit une indemnisation, mais la circulaire d'application n'étant pas parue, les pêcheurs n'en connaissent pas la valeur.
ils veulent pouvoir caréner pendant l'arrêt, mais ce n'est pas prévu, sauf à demander une « autorisation expresse ».
Les indemnités seront calculées sur les quantités pêchée depuis 2009, mais les chiffres ne seront-ils pas contestés ? « on n'a pas la circulaire, on fait comment » ?
Pour le pêcheur qui vient de reprendre un bateau comment interpréter « entrée en flotte » ? Aura-t-il droit aux indemités ? « on n'a déjà pas beaucoup de jeunes... ». « On trouvera des solutions » veut rassurer Christophe Clergeau, « entrée en flotte c'est un bateau neuf » précise Adeline L'honen.
Christophe Clergeau rappelle que l'indemnité sera augmentée de 20 % pour ceux qui voudront se former pendant l'arrêt.
La Région contribuera aux agios en attendant les indemnités, mais comment choisir de s'arrêter sans connaître les indemnités, ou de continuer à pêcher, « avec le peu de quotas qui reste » ?

Visibilité

José Jouneau insiste, il faut des plans pluriannuels, donner de la visibilité aux entreprises.
La Région des Pays de Loire est coordonnatrice et Adeline l'Honen est présidente du groupe de travail Pêche de la Commission Arc Atlantique de la CRPM. Le 26 février la commission se réunit à Nantes. Ce sera l'occasion pour les pêcheurs de la Turballe de témoigner, pour les politiques de discuter avec les autres pays et d'essayer d'obtenir des alliés pour le bar.
Mais pour l'instant les professionnels sont amers  : ils ont l'impression d'être vertueux à La Turballe, « de tout faire comme on nous dit » mais « on n'a pas le retour ». Ainsi pour l'anchois dont l'interdiction leur a coûté si cher, il y a quelques années, ils se sentent mal informés au sujet de la ressource,tout comme pour le bar actuellement.

Christophe Clergeau expliquait qu'il faut parer au plus pressé pour cette fois, « accompagner l'arrêté », « mettre en place l'indemnité ». Il avoue « peut-être qu'on ne s'est pas assez battus, qu'on était pas assez organisés ».

René Leroux qui a aussi bien connu la crise de l'anchois aux côtés des pêcheurs de la Turballe constate que l'arbitraire reste la règle, que « les choses n'ont pas évolué, les pêcheurs ne sont pas écoutés »,  il déplore le lobbying à Bruxelles et note que le « pêcheur est le dindon ». Au contraire des Espagnols,  les pêcheurs français ne sont pas assez représentés, alors que les agriculteurs le sont.
José Jouneau partage cette analyse et remarque que « c'est aussi  une question de moyens ».
Pugnace, il conclut « on va se battre mais ce ne sera pas facile ».



 

Auteur : LY | 14/02/2015 | 0 commentaire
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