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« Imaginons La Turballe » plaide pour un développement économique global

Ne pas mettre pas ses œufs dans le même panier, ou plutôt, en ce qui concerne La Turballe, ne pas mettre tous ses crustacés dans le casier, c’est un peu le message que souhaitent faire passer Jean-Luc Fardoit et Michel Thyboyeau, leaders de l’opposition. Si le premier a démissionné de son mandat de conseiller municipal, dénonçant ainsi le manque de dialogue avec le maire, René Leroux, le second reste fidèle au poste. Entretien.

Avant d’aller à la pêche aux voix, car les deux hommes pensent déjà aux futures échéances électorales, Jean-Luc Fardoit et Michel Thyboyeau mènent une opposition active face à la politique municipale. Chacun à sa manière, ils entendent porter le message, les convictions et les attentes des 35% de Turballais qui se sont ralliés à la liste « Imaginons La Turballe » en 2008. Jean-Luc Fardoit se dit Gaulliste, avec une sensibilité sociale, Michel Thyboyeau, dans une approche plus économique, occupe des responsabilités au sein de l’UMP dans le canton. Mais le duo préfère éviter les débats partisans et guidés par les dogmes : « Nous n’avons pas de parti pris, nous sommes pour le débat ouvert. Nous ne nous sommes jamais préoccupé des préférences politiques de ceux qui nous accompagnent », indique Jean-Luc Fardoit.

2010, la rupture

Si les deux premières années de mandat se sont déroulées dans une ambiance courtoise avec la majorité, l’année qui vient de s’écouler a vu le climat se tendre très sensiblement au sein de l’assemblée municipale. « Au début du mandat, le maire a joué un peu l’ouverture en laissant beaucoup de place à l’opposition au sein des commissions. D’ailleurs, nos relations avec les conseillers de la majorité sont plutôt bonnes, c’est avec le maire et ses adjoints que c’est plus désormais plus difficile. On ne nous demande plus notre avis, on n’écoute pas nos propositions », explique Michel Thyboyeau. Jean-Luc Fardoit ajoute : « C’est pourquoi j’ai démissionné, je ne veux plus perdre mon temps ».  Une attitude adoptée également par Marie-Anne Danet qui invoque les mêmes raisons quant à sa démission. Laconique, Jean-Luc Fardoit revient juste en une phrase sur le dossier qui a tout déclenché et l’intervention du maire à propos d’un commerçant : « Je ne supporte pas les injustices et que quelqu’un ne dise pas la vérité ».

2010, c’est aussi l’année du dénouement du dossier de la criée, la reprise en main par le Conseil Général et la création de la SEM avec les ports du Croisic. « Nous n’avons que trop peu été associés à ce dossier. Mais nous étions d’accord compte tenu des déficits récurrents de la criée. La commune ne pouvait plus payer pour réaliser les investissements et faire face aux déficits. Nous avons voté avec la majorité, mais nous ne faisons pas de triomphalisme, nous restons vigilants et La Turballe ne doit pas être pénalisée au sein de la SEM. Aussi, comme le maire l’a laissé espérer, nous demandons la reprise de la dette par le Conseil Général. Avec le tour de passe-passe réussi par le maire qui a fait effacer le déficit de 413 000 euros, on ne peut pas dire que l’opposition avait tort ! », indiquent-ils.
Les élus s’inquiètent également de la représentativité du Comité local des pêches dans les instances. Ils ont bien conscience de l’atout que représente René Leroux à la présidence de la SEM, mais ils préviennent : « Peut-être est-il le plus en capacité pour s’occuper de la pêche, mais dans sa méthode et ses relations avec nos amis du Croisic, nous pensons qu’il a fait des erreurs ».
Surtout l’opposition s’alarme des moyens et de l’énergie déployée pour venir au secours de la pêche, au détriment croient-ils des autres secteurs économiques. « Il y a quelques années, La Turballe a beaucoup profité de son port de pêche. Mais la fin des campagnes d’anchois a fait beaucoup de mal. Le problème de la criée a occupé tous les esprits, mais est-ce par là que passera le développement économique de La Turballe ? Quels sont les autres projets ? », s’interrogent-ils.
Pour Michel Thyboyeau, c’est clair, la commune ne s’occupe pas assez de sa politique touristique, et de favoriser le dynamisme sur la Zone d’Activité. Ainsi, le conseiller municipal se félicite du projet de base de loisirs projeté par Cap Atlantique sur le secteur de la station d’épuration, mais il ne comprend pas qu’une si belle plage comme celle de La Turballe ne soit pas mieux exploitée et plus attrayante. Il souligne les fermetures de plus en plus nombreuses de commerces. En prenant l’exemple du projet de « pénétrante » entre Guérande et La Turballe, Michel Thyboyeau résume sa pensée : « Comme pour beaucoup de choses, ce dossier n’est pas accompagné de projets économiques. J’ai le sentiment que tout est fait à la petite semaine ».

Et même s’il reconnaît des progrès en matière d’animations, il se désespère de voir la ville s’endormir dès 20 h 30, même en période estivale. Il ajoute : « La commune manque de structures, notamment une salle polyvalente pour accueillir des spectacles et permettre un lieu de repli pour les animations extérieures en cas de mauvais temps. Ce serait un atout formidable. La commune doit aussi comprendre que ce n’est pas aux élus de mettre la main à la pâte, il faut faire appel à des spécialistes. La Turballe, c’est un peu le cas avec le Festi’vent, doit se distinguer dans ses animations ». En autre développement des structures d’accueil, l’élu plaide pour le doublement de la capacité d’accueil du port de plaisance. « Il faut agir de façon volontaire et arrêter de regarder passer les trains », dit-il.

Une politique foncière accessible

Oui, contrairement à d’autres communes littorales de Cap Atlantique, La Turballe offre une belle image et voit sa démographie croître régulièrement. Mais pour Jean-Luc Fardoit, c’est un trompe l’œil : « C’est une commune vieillissante car on ne réussit pas à fixer nos jeunes. Les terrains sont vraiment trop chers ! Notre Zone Artisanale n’est pas à la hauteur de nos ambitions de développement économique. Le risque, c’est de devenir une cité dortoir, ou une ville de retraités. Des projets comme ceux de Bellevue, Dornabas et La Marjolaine, vont dans la bonne direction. Mais la majorité fait des erreurs stratégiques comme dans le dossier du PLU avec la modification pour permettre à une grande surface de déménager de 300 mètres ! Là, il y avait quelque chose à faire pour faire baisser le prix du foncier. Il faut permettre aux jeunes ménages d’acheter des terrains ».

Une politique foncière pour les jeunes, certes, mais aussi un programme de logements adaptés pour personnes âgées : « Nous avons mis un peu la pression pour qu’il y ait une réflexion sur une structure d’accueil pour les seniors. Ce projet serait réalisé dans l’esprit de maintenir les personnes âgés le plus longtemps possible sur la commune et leur faciliter la vie par des services de proximité ».

Auteur : YD | 07/04/2011 | 0 commentaire
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