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Conseil Municipal : la grande lessive

Le conseil de la Turballe s'est déroulé dans une ambiance calme, avec des échanges directs. Majorité et opposition ont donné l'impression d'avoir enfin terminé la campagne.
image : http://lavoirsrhone.free.fr
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Mardi soir dans la salle du conseil outre les différents points abordés, on a réglé les comptes. Une bonne fois pour toutes ? L'avenir le dira mais chacun a vidé son sac  de linge sale : Joseph-Marie Berton a répondu aux propos du précédent conseil. Le maire a résumé pourquoi il avait eu de quoi être mécontent. Et en fin de conseil a mis les points sur les « i » concernant sa personne.

Le discours de l'opposition

La Turballe-infos reproduit ici dans sa totalité le discours de Joseph-Marie Berton. Il avait, dans sa brouette, apporté au lavoir municipal, ce qui depuis quelque mois bouillait dans la lessiveuse de la nouvelle opposition, avec les cendres de 25 ans de la gestion de René Leroux: les attaques de la campagne, les déclarationsla nouvelle équipe de la mairie et tous les vieux chiffons que les candidats avaient déchirés.

"Monsieur le Maire,
 
Je me réjouis que, finalement, pour une Commune au bord du gouffre financier, ainsi que vous vous plaisez à la décrire, La Turballe arrive encore à se financer sans difficulté auprès des organismes financiers, et à des taux intéressants.
Cette réalité vient tempérer les discours alarmistes que vous tenez depuis votre élection. D’ailleurs, lors du dernier conseil municipal, je vous avais promis une réponse après votre présentation de la situation budgétaire de la Commune que vous décriviez comme catastrophique.

Au-delà des polémiques partisanes, les Turballais ont besoin de clarté dans ce débat.
Je veux rectifier un certain nombre de contre-vérités qui ont été prononcées, lors du dernier conseil.
 
 Tour de passe-passe politicien: "La cagnotte devient un trou ! "
 
En effet, au départ, vous avez dit que vous repreniez une Commune avec un excédent de 1,9 million d’Euros.
 
Quelques semaines après….vous changez de discours: cette "cagnotte" est devenue un "trou". Vous affirmez que vous avez découvert un déficit d’un million !
 
Et à vous entendre, vous les nouveaux élus en charge des affaires communales, La Turballe serait devenue une Commune au bord du gouffre financier, avec des investissements non financés et une dette qui explose.
 
Il y a là, un écart pour le moins étrange !
 
Monsieur le Maire, vous le savez bien,  La vérité est plus nuancée,.
Car, contrairement à ce que vous dites, les comptes de La Turballe ne sont pas dans le rouge, loin de là !
L’emprunt dont vous venez de nous faire part le prouve, s’il en était besoin.
 
En effet, après tout ce qui s’est passé avec la crise financière de 2008,
Quelle banque prêterait, aujourd’hui, , à une Commune qui présenterait une situation financière si dégradée que celle que vous décrivez ? Aucune !
 
Par ailleurs, je rappelle que la gestion de La Turballe, comme celle des autres Communes, a été contrôlée par les services de l’Etat et la Chambre Régionale des Comptes. Et ce, très récemment ! Les retours étaient plutôt favorables.
Vous vous en souvenez, il en a été question ici même, dans cette assemblée.
 
Alors oui, j’avoue que, comme René Leroux, j’ai été choqué, lors du dernier conseil, par vos propos qui ont consisté à dire que la gestion des anciens municipes se faisait à coups d’« approximations » et de « budgets fantaisistes, à la petite semaine ». Monsieur le Maire, je vous rappellerais juste que si, vraiment, ça avait été le cas, la gestion de René Leroux en général, et de notre précédente Majorité en particulier aurait eu à en répondre devant les autorités de contrôle. On ne reste pas 25 ans à la tête d’une Commune avec une gestion approximative sans que ça se voit !
 
"Des propos très déplaisants aussi …….pour vos amis !"
 
 
Et puis, je vais vous le dire clairement: vos propos étaient, sur ce point, assez déplaisants. Pas déplaisants que pour nous d’ailleurs.
Parce que, là encore, ne me dites pas que, si la situation financière de la Commune était à ce point alarmante, vos collègues adjoints qui, à l’époque, siégeaient dans l’opposition, ne s’en seraient pas aperçus ?
 
- Or, qu’ont-ils dit, ces dernières années, sur les différents budgets primitifs, les comptes administratifs, les affectations de résultats et autres budgets supplémentaires ? Rien !
- Ont-ils seulement sonné l’alarme, proposé de faire autrement ? Non !
 
Rien, en 6 ans de mandat ! Il faut donc croire que la situation n’était pas si mauvaise !
 
La situation actuelle, je l’admets, est un peu tendue. Mais elle ne mérite certainement pas de crier au loup comme vous le faites maintenant depuis 2 mois.
 
Il est vrai qu’il y a eu, en 2013, un record d’inscriptions budgétaires en investissement, à hauteur de 8 Millions d'euros.
C’est un fait, nous ne le nions pas !
 
Mais ça, Monsieur le Maire, c’est aussi le résultat d’un programme ambitieux d’investissements que nous avons portés pour notre commune pendant les 6 dernières années.
Ce programme, nous voulions le terminer car
1) il en allait des engagements que nous avions pris devant les Turballais en 2008,
2) il s'agit d'investissements utiles
3) qui préparent  l’avenir de notre commune.
 
"Nous avons investi utilement pour l'avenir de La TURBALLE"
 
Car je ne crois pas qu’il y ait eu, depuis 2008, un seul investissement inutile pour la collectivité !
- Que ce soit l’aménagement de la rue de Bellevue,
- celui du parking Gaby Vallot en accompagnement des programmes d’habitat de la Marjolaine,
- la création du local Jeunes,
- la construction du club-house du complexe sportif,
- le réaménagement du front de mer,
- la création de l’école de voile,
- sans compter la constitution progressive de réserves foncières bien utiles à la construction de logements sociaux ou en accession aidée ou encore à l’implantation nos futurs projets d’aménagement…
 
Chaque Euro investi aura été un Euro utile à la population et à l’attractivité de La Turballe !
 
Et n’oubliez pas, non plus, que ces Euros investis auront contribué, dans une période difficile, à créer de l'emploi et du travail pour les entreprises. Qu’ils auront, également, contribué à enrichir le patrimoine communal.
 
L’investissement, c’est notre conviction profonde, est bénéfique à notre territoire en général et à notre commune, La Turballe, en particulier.
 
Alors, oui, en 2013, nous avons beaucoup investi.
Peut-être trop si on regarde les importants restes à réaliser. Mais je ne pense pas qu’une Commune investit trop dès lors qu’elle entend assurer l’avenir de son territoire et qu’elle en a les moyens globalement.
Il ne s’agit pas d’investir à tout prix et au mépris des capacités réelles de la Commune.
Mais il faut assumer, fièrement, de prioriser une politique d’investissement forte. C’est ce qui nous a animés durant tout le précédent mandat.
 
Oui, comme vous, nous aurions sans doute, nous aussi, dû corriger à la baisse nos prévisions budgétaires au Budget supplémentaire, cette année. Je vous rappelle, à ce titre que, justement, un budget supplémentaire ou une décision modificative budgétaire, ça sert aussi à ça.
 
Oui, comme vous, sans doute aussi, nous aurions été contraints de faire rentrer, plus rapidement que prévu, l’emprunt d’équilibre que nous avions inscrit au budget primitif.  
Mais, au-delà de ça, franchement, il nous semble sain de sortir des discours alarmistes qui ne traduisent pas la réalité financière de notre Commune et qui, au final, ne produiront qu’un seul résultat : détourner les financeurs et les éventuels investisseurs de La Turballe. Ce qui n’est évidemment pas souhaitable !
 
"Notre gestion dynamique a enrichi la commune"

 
D’autant que, nous le répétons ici, la situation financière de La Turballe est et reste saine.
Demain, grâce à la politique très volontariste menée, en matière d’habitat et de logements, par René Leroux et ses équipes vous bénéficierez toujours de bases fiscales qui améliorent, chaque année, le rendement des impôts locaux.
D’ailleurs, je note que, malgré votre décision imprudente et précipitée de baisser les taux d’imposition locale, vous enregistrez, à l’occasion de ce Budget supplémentaire, une augmentation des produits fiscaux de plus de 52 000 € par rapport au prévisionnel.
 
Ce qui n’est pas, là encore, le signe d’une commune au bord de la faillite !
 
Demain, vous aurez, certes, une dette en augmentation mais avec une capacité de désendettement qui reste soutenable.
 
Demain, grâce aux importants investissements que notre Majorité a réalisés sur les deux derniers exercices budgétaires, vous pourrez compter sur des dotations aux amortissements et sur des Fonds de compensation de TVA significativement plus importants pour financer vos investissements.
 
Demain, vous pourrez également compter sur un patrimoine communal exceptionnel, constitué patiemment, au fil des ans, par des équipes municipales tournées vers l’avenir, pour générer des ressources supplémentaires, grâce à des valorisations diverses (cessions, locations, etc).
 
Demain, vous devrez, par contre, chercher des économies dans les dépenses de fonctionnement. C’est aussi par là que l’on peut augmenter l’autofinancement communal pour l’avenir.
 
La Turballe n’a pas perdu ses capacités d’investissement.
Bien entendu, demain, elle devra maîtriser son endettement. Mais soyez tout de même certains que, demain, l’avenir de La Turballe passera par une politique d’investissement dynamique. L’oublier serait une faute !
 
"Vous avez été élus: Faites vos choix et avancez au lieu de critiquer"
 
Aujourd’hui, vous avez la majorité. Cela fait plusieurs mois maintenant.
Vous avez passé beaucoup de temps à regarder dans le rétroviseur, essentiellement pour critiquer notre gestion.
Nous avons pris acte de ce que vous pensez de la situation financière que vous avez récupérée. Nous venons de réexpliquer en quoi elle n’a rien de la catastrophe que vous décrivez.
Sur ce point, nos analyses divergent.
Faisons-en le constat et mettons nous au travail !
 
Nous attendons maintenant que vous nous disiez quel projet vous allez mettre en œuvre pour notre commune dans les 6 ans qui viennent.
 
Nous avons, déjà, cru comprendre que vous vouliez mettre en attente des chantiers engagés ou retarder des projets d’investissement ?
 
C'est votre choix. C'est à vous d’en décider et d’en prendre la responsabilité.
C'est vous qui êtes aux commandes.
Nous, l’équipe de l’opposition, nous allons suivre vos projets, regarder de près vos décisions, apporter nos idées.
Nous allons faire de notre mieux pour contribuer au bien vivre ensemble à La Turballe pour l’ensemble de nos concitoyens."

La déclaration a été écoutée de bout en bout dans le calme.

On ne nous a pas tout dit !

Pour clore le débat, c'est le maire qui va s'agenouiller sur la pierre voisine, au lavoir.  Avec une brosse à chiendent, il va décrocher les taches du linge de la maison  dont il est désormais locataire. Mais il va rendre soin d'éviter d'éclabousser trop à côté de lui.
« Tout d'abord je n'ai jamais remis en cause les travaux, jamais ! » annonça-t-il conciliant.
« On nous avait dit qu'il y avait un solde excédent de 1940 k€. Ce qu'on ne nous avait pas dit c'est qu'il y avait aussi plus de 2 500 k€ de factures non payée et 680 k€ de travaux engagés, j'irai même jisqu'à dire qu'on nous a menti ! Et vous aussi vous auriez été surpris».
« On a attendu que les élections passent pour nous le dire, ce que je dis c'est qu'on aurait dû nous le dire ! ». « C'est la réalité, on fait un prêt de 1,2 M€ , on peut le faire dans de bonnes conditions, on le fait ». Et « OK on travaille ensemble ».

Le maire et le leader d'opposition ont dû chacun jeter chacun un seau d'eau  sur le feu de polémiques qui repartait et le débat s'arrêta sur ce qu'on peut faire dire aux chiffres.

Les ragots maintenant ça suffit !

La Turballe est toujours le terrain de bruits et de chuchotements et comme au lavoir, on lave le linge mais on salit les gens quelquefois. Jean-Pierre Branchereau a innové à la fin du conseil : il a répondu de manière très directe point par point.
Pour faire sa lessive Jean-Pierre Branchereau ne craint pas d'utiliser le battoir, avec la rage d'un homme visiblement blessé par les attaques et commérages qu'il estime injustes.
Concernant le médical et le paramédical à la Turballe, c'est un dossier privé, et « non ! la mairie n'a pas donné de terrain à certains ».
« Concernant mes anciennes fonctions à Oudon, qu'on aille consulter les comptes du SIVU en mairie, et je préviens : le moindre bruit, c'est bon, ce sera au tribunal ». Quand le vinaigre ne suffit pas le lavandier utilise « la Javel ». Et quand il faut repasser sur la pierre, il n'hésite pas « ceux qui ont été battus ont été battus, qu'ils l'acceptent !».
Il précisera je « n'ai pas jamais coulé de boite pour la bonne raison que j'ai toujours été salarié » et « j'ai quitté mes fonctions vendredi dernier.»
Alors « maintenant on avance ! ».

Une méthode Branchereau ?

La relation de Jean-Pierre Branchereau et de son opposition ne semble pas devoir s'établir dans les piques et le persifflage mais dans l'affrontement immédiat qui permet de drainer les abcès et d'avancer. Jouer les prolongations sur chaque sujet n'est pas  pour cette équipe et encore moins les tirs au but. L'opposition avec Joseph-Marie Berton a donné l'impression de pouvoir jouer cette partie dans un engagement sportif et positif pour la ville.
La grande lessive sèche maintenant sur les prairies et sur les haies de La Turballe, a-t-elle été bien rincée à l'eau claire ce soir, ou seulement à l'eau douteuse des bonnes intentions de façade ? Comme il se disait dans les villages, « c'est quand il est sec, qu'on voit que le linge est  propre ».

Auteur : LY | 02/07/2014 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 13 juillet 2014 à 12h42 par jean Chois, La Turballe
J'ai enfin compris ....l'incompréhension de la majorité et de l'opposition sur l'état des finances de la commune.
C'est pourtant simple. La municipalité sortante a lancé beaucoup de travaux pour moderniser, embellir, équiper la commune et préparer son avenir.
Et la nouvelle municipalité a les factures à payer.
Logique. ça fait partie de la règle de l'alternance.Il faut prendre tout l'héritage.
Le problème pour les nouveaux élus va être de payer (avec nos impôts quand même, cela ne sortira pas de leur poche) et d'inaugurer des réalisations qu'ils n'ont pas décidées.
Et comme il y a eu beaucoup de choses de lancées, il va leur falloir faire une pause de quelques années avant d'investir à nouveau.
C'est à dire qu'avec le temps des études, des dossiers administratifs...ils lanceront à leur tour des projets qui ne seront pas réalisés avant la fin du mandat (2020). Ce sera donc à la municipalité qui sortira des urnes dans 6 ans, de payer et de couper les rubans. Il n'y avait pas de quoi en faire un drame.
Ce n'est pas Bigmalion. Y'a pas eu d'argent de détourné....Juste des chantiers utiles qui ont donné du travail aux entreprises locales et aux ouvriers du coin.
Alors, les gars et les filles,on arrête de regarder dans le rétroviseur pour critiquer et se plaindre. On retrousse les manches, et on se met au boulot !
Un petit conseil quand même au passage à transmettre à monsieur Jean-Pierre Branchereau, maire de La Turballe.
Quand on doit parler en qualité de maire, il faut anticiper.
Tout discours se prépare et sans vouloir prétendre briller par son verbe, le protocole républicain veut que l'on salue d'abord les gens à qui on s'adresse et tout particulièrement les autres élus présents dans la salle. Et qu'on énonce avec clarté, précision, simplicité le message essentiel qu'on a à faire passer. C'est aussi cela la pédagogie de l'élu. On ne doit pas penser que les gens viennent aux invitations seulement pour boire un coup ! Ou alors, c'est les mépriser.
Qui va le lui dire ???

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